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  • Présentation de la Résidence du collectif Veg@

    Présentation de la Résidence du collectif Veg@

    samedi 21 novembre 2009
    Théâtre Gérard Philipe - CDN de Saint-Denis

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COLLECTIF VEG@ * Présentation de la résidence

par VEGA | 02 novembre 2009

Présentation de la résidence littéraire
Théâtre Gérard Philipe Saint-Denis
21 novembre 2009

Lecture collective


"Les textes que nous allons lire ont pour auteurs : Serge Proulx, Nicholas Carr, Merleau Ponty, Marianne Wolf, Paul Soriano, Roland Barthes, Chris Hedges, Marcel Just, Nicolas Thély, Karine Lebrun, Serge Tisseron, Bernard Cathelat, Susanne Gaschke, Benjamin Barber, Hao Mingyi. (Professeurs, sociologues, philosophes, psychanalyste, neurologues, artiste multimédia).
Certains sont extraits du Colloque du 15 octobre 2009 à la Cité des Sciences et de l’industrie,
« Culture numérique, nouveaux espaces d’expression et de création adolescentes ».

Innovation : Internet agit comme innovation, car c’est un catalyseur de changements sociaux, économiques et culturels. Internet est le symbole de la société irriguée par des réseaux numériques de communication.
Ces dernières années, j’ai eu la désagréable impression que quelqu’un, ou quelque chose, bricolait mon cerveau, en reconnectait les circuits neuronaux, reprogrammait ma mémoire. Mon esprit ne disparaît pas, je n’irai pas jusque-là, mais il est en train de changer. Je ne pense plus de la même façon qu’avant. C’est quand je lis que ça devient le plus flagrant. Auparavant, me plonger dans un livre ou dans un long article ne me posait aucun problème. Mon esprit était happé par la narration ou par la construction de l’argumentation, et je passais des heures à me laisser porter par de longs morceaux de prose. Ce n’est plus que rarement le cas. Désormais, ma concentration commence à s’effilocher au bout de deux ou trois pages. Je m’agite, je perds le fil, je cherche autre chose à faire. J’ai l’impression d’être toujours en train de forcer mon cerveau rétif à revenir au texte. La lecture profonde, qui était auparavant naturelle, est devenue une lutte.

Le Net diminue ma capacité de concentration et de réflexion. Mon esprit attend désormais les informations selon la façon dont le Net les distribue : comme un flux de particules s’écoulant rapidement. Auparavant, j’étais un plongeur dans une mer de mots ; désormais, je fends la surface comme un pilote de jet-ski.
Le monde de la perception, c’est à dire celui qui nous est révélé par nos sens et par l’usage de la vie, semble à première vue le mieux connu de nous, puisqu’il n’est pas besoin d’instruments ni de calculs pour y accéder, et qu’il nous suffit, en apparence, d’ouvrir les yeux et de nous laisser vivre pour y pénétrer.
Le Net nous rend-il bête ? Le vrai débat est de savoir si la culture du Net est en passe de balayer la vieille culture humaniste, fondée sur le respect de la profondeur, sur la préférence pour la réflexion solitaire, au profit d’une culture privilégiant la vitesse et le fragmentaire, mais aussi la réflexion collective. En filigrane, c’est aussi la question de l’avenir du livre et de la lecture qui est posée.

La lecture de livres imprimés est un produit de l’histoire. Sur quatre millions d’années que compte l’histoire de l’humanité, l’écriture a tout juste cinq mille ans. L’usage du livre imprimé s’est répandu très récemment.

Le secret au cœur de la lecture, c’est le temps qu’elle dégage pour permettre au cerveau d’accéder à des pensées plus profondes.

Internet est un outil d’information et de communication ; mais il incarne désormais une idéologie : « Voulons-nous vraiment vivre comme nous le proposent les numéristes ? Les gens apprennent-ils davantage avec ces techniques, comprennent-ils mieux la société, sont-ils plus capables de juger ? ».
Le doute est de rigueur. Le capitalisme moderne, allié à l’informatique, préfère toujours «le facile au difficile, le simple au complexe, le rapide au lent».

L’abondance de l’information est telle qu’elle peut rendre difficile l’acquisition d’une connaissance pertinente, la connaissance advenant chez une personne quand elle peut interpréter l’information qu’elle recueille.

La “révolution” en cours n’est pas seulement technologique, économique, politique ou culturelle : elle a de toute évidence une portée anthropologique. La vie en réseau affecte notre expérience intime des fondamentaux de l’existence humaine que sont le temps, l’espace, la mémoire, l’identité, les institutions, la vie et ce qu’il est convenu d’appeler le réel. Le réseau dilue les pouvoirs en même temps qu’il engendre une nouvelle forme de pourvoir, le pouvoir du réseau précisément.

Selon l’institut Nielsen, il y aurait 276,9 millions d’utilisateurs d’e-mails dans les pays occidentaux et 301 millions d’utilisateurs pour les réseaux sociaux Facebook, Friendfeed, Twitter.

La dynamique des réseaux sociaux introduit l’apparition d’une communication privée en public, une sorte de parler à la cantonade.

On a toujours séparé le canal privé et le canal public. On est désormais en train d’inventer une zone intermédiaire, un clair-obscur.

On peut dire que la civilisation des médias se définit par le rejet (agressif) de la nuance.

Comment reconnaître ses amis dans une société en réseaux ? Quels sont les vrais des faux ? C’est-à-dire ceux qui sont réellement désintéressés ?

Pour faire partie de Facebook, il faut être connecté; on ne peut pas consulter les profils sans s'inscrire, ce qui incite toute personne souhaitant accéder au monde Facebook à créer à son tour un profil. Puis, la logique du réseau œuvre à huis clos; ce qui est valorisé, c'est le nombre d'amis. J'ai un ami en commun avec un ami d'un ami, etc. Celui qui a beaucoup d'amis est alors considéré comme une personne importante. Plus encore, celui qui est ami avec une personne reconnue dans son milieu a toutes les chances d'être recherché comme ami.

La quasi-totalité des signes, vecteurs d’information ou de connaissance, sont désormais numérisables, archivables, accessibles. À quoi bon dès lors s’encombrer la mémoire de connaissances aussi disponibles ?

L’identité ne devrait guère survivre à la mémoire. L’homme amnésique ressemblerait furieusement au “Lone” du jeu www.lonelol.com : “je suis Lone, je suis humain. Pouvez-vous me dire qui je suis, je ne me souviens de rien.”

”Vous téléporteriez-vous avec moi vers Duda Beach, pour me laisser prendre une image de vous ?“
Demande Mike 111, un être virtuel servant de témoin, dont la peau est tantôt blanche, tantôt noire. Les deux avatars sont identiques en tous autres points: le même corps et les mêmes vêtements.
Avec un tel test, il apparaît que 20 % des internautes acceptent la demande, quand l’avatar a la peau blanche ; ils ne sont que 8 % quand il a la peau sombre.

L’identité post-moderne est librement adoptée, éphémère, jetable : à la carte en somme. Elle est désormais sans durée ni territoire assignable. Elle est sans profondeur, réduite à l’horizontalité du réseau.

Mais une seconde vie pour quoi faire ? Ou plutôt : comment interpréter l’opportunité de cette seconde vie possible ? Comme une double vie ? Une autre vie ?
Second Life promet de donner les moyens d’améliorer notre manière d’être.

La popularité d’Internet tient à sa capacité de gonfler le culte du moi, nous permettant de devenir des stars dans notre propre vie.

Les blogs de lecture comme Skyblog permettent à la fois des affichages de soi, des prolongations de sociabilités ou un élargissement des connaissances. Il existe de nombreux blogs par genre avec des avis de lecture. Ces avis peuvent être limités à quelques mots comme « j’ai adoré ».
Skyblog créé en 2002 rassemble 27 millions de blogs, 18 millions de profils. 9000 blogs sont créés chaque jour. 130.000 sont consacrés à Twilight !
Le Web devient une base de ressources pour enrichir la vie réelle.

L’identité quotidienne est devenue insuffisante.
Internet est un nouveau bal masqué.


Les plus défavorisés sont accros à la télévision et pas à l’ordinateur. Les élites ont le plus de pratiques culturelles sur le web.

Internet ne participe pas à la massification de la démocratisation culturelle. Il contribue à reproduire les mêmes inégalités, les mêmes fossés. De plus apparaît une fracture de genre. La différence s’accroît entre l’univers des filles et l’univers des garçons.

Selon les fondateurs de Google : « Le moteur de recherche ultime est quelque chose d’aussi intelligent que les êtres humains, voire davantage. Pour nous, travailler sur les recherches est un moyen de travailler sur l’intelligence artificielle. Il est certain que si vous aviez toutes les informations du monde directement fixées à votre cerveau ou une intelligence artificielle qui serait plus intelligente que votre cerveau, vous vous en porteriez mieux. Google essaie vraiment de construire une intelligence artificielle et de le faire à grande échelle ».

Internet – avec sa capacité à associer l’écriture des sons, des images, des sensations tactiles ainsi que des idées, des pensées ou des concepts – nous fera accéder à une expérience tout à fait nouvelle de la connaissance qui bouleversera complètement nos conceptions actuelles.

Notre nation de mains calleuses se transforme graduellement en nation de cerveaux agiles. Dans la mesure où les nouvelles technologies font travailler l’esprit et lui fournissent plus d’information, elles améliorent sûrement l’aptitude à penser."